A propos de ce blog

05.07.10 | par stephanie [mail] | Catégories:

Lelia M.

A l'origine, journaliste a L'Orient-Le Jour. A toutefois ete malencontreusement deportee au Qatar pour d'obscures raisons sociologiques. Espere pouvoir faire partager sa trepidante vie quotidienne, la sienne et celle de Luna, sa chienne, qui l'a suivie dans son malheur... et les 44 degres a l'ombre.

Stephanie A.

Je suis libanaise et j'habite en Suède depuis environs trois ans. Je vis dans le département de la Dalécarlie situé au Nord-Ouest de Stockholm et faisant environs 2 fois le Liban en superficie. Là je travaille comme médecin. Ce blog contient des textes que j'écris pour partager avec vous lecteurs mes opinions sur la vie et l'actualité suédoises. J'aimerai aussi que ce blog  soit interactif je repondrai donc a toutes les questions  que vous me poserez. Bonne lecture!

Margaux W.

Parigote d'origine Libanaise, Margaux Woodlot (bien évidemment de son pseudo) a vécu la plus grande partie de sa vie à Paris intra-muros. A contre coeur au début, par amour ensuite et par habitude pour finir. Elle nous rapportera dans ce blog ses impressions de femme hybride , ses coups de gueule et coups de coeur, le tout bien relevé au fameux cynisme frenchy (maladie qui se refile) et un peu de Franglais (très à la mode). Enjoy!

Paola A.
« J’y vais deux ans, au plus trois ans et je reviens, promis ! »
C’est ce que j’avais annoncé à mes proches il y a de cela 7 ans, en quittant mon Liban chéri vers Paris afin d’y poursuivre mes études supérieures et avoir une « expérience internationale »
Eh bien, promesse NON tenue puisque j’y suis toujours.
Vous l’aurez bien compris, d’origine libanaise, je suis installée à Paris depuis 2004.
Ce blog est un moyen de partager d’une part mon quotidien parisien imprévisible fait de rencontres, de spectacles et d’autres expériences intenses et d’autre part les nombreux tiraillements que peut connaitre une Libanaise à Paris… Bonne lecture !

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Je suis...

10.01.12 | par stephanie [mail] | Catégories: OLJ, Suède, Liban, Arabe, culture, Bombastic

Mon prénom c'est Stéphanie. En arabe ca s'écrit et se prononce Stifèni avec un accent sur les trois voyelles du mots. Je suis nommée après mon père Estephan (Estfén en arabe). Je suis même née le jour de la saint Etienne. Tout ca c'était bien tombé!

Mon nom de famille est Atallah. En arabe il se prononce avec une énergie et une profondeur qui manquent dans la prononciation européenne.  La première lettre est en réalité un "3ain" et non pas un "A", le T est un "T épais"et "Allah" est bien sûr Dieu, et j'ai l'impression que Dieu est comme perdu dans la version européenne.

Lors de mes 25 premières années j'ai toujours eu de la difficulté à communiquer mon prénom à mes concitoyens libanais arabophones. Je suis habituée à des versions du genre "Stifan", Stivani" etc.

Aujourd'hui, c'est au tour de mon nom de famille d'être prononcé par mes concitoyens suédois de facons différentes. Tantôt l'on met l'accent sur le T, tantôt sur les deux L. Parfois il est tout simplement impossible à certains de lire mon nom. Trop compliqué car (encore!) en dehors de l'univers des noms nordiques.

Mélange oriento-occidental.

Tel est mon nom. C'est le cas de beaucoup de Libanais faisant partie de la minorité du pays qui a décidé qu'enfants aux prénoms occidentaux correspondraient mieux à la mordernité.

Telle est ma personne après quelques années passées dans un pays diamétralement opposé au Liban avec des personnes qui ont un passé qui n'a rien à voir avec le mien en tant que Libanaise. Un mélange, des conflits de réalités dans l'espace et le temps.

En moi il y a un mélange magique, un abracadabra complexe d'aller-retours, de rencontres, de vies, de tragédies.

Il y a comme une bombe en moi. Je suis un peu "bombastic" moi aussi. Je suis...

 

Ces complexes dont on ne se débarasse jamais

03.01.12 | par stephanie [mail] | Catégories: OLJ, Ville, Complexe

Même pas à l'échelle de villes...

Le grand frère c'est celui qui a eu droit à tout essayer en premier. C'est toujours lui qui est plus grand, plus fort et qui a plus d'expérience. Le petit frère c'est celui qui fait comme le grand frère, qui suit les pas de ce dernier, qui veut être aussi grand et fort que ce dernier, mais qui par la nature des choses reste le plus petit.

Ce complexe du petit frère est applicables à beaucoup de villes suédoises de facon incroyablement vraie.

Dans chaque département suédois il y a une ville "capitale" oubien ville principale, souvent la plus grande en  densité de population, et une deuxième grande ville. Ca rime avec grand frère et frère cadet.

Au Sud de la Suède par example c'est Malmö la grande ville, Lund la petite ville (qui est aussi ville universitaire). A l'échelle du pays c'est Stockholm la grande ville, Göteborg la deuxième grande ville.

Dans le département de la Dalécarlie où je vis c'est Falun qui est la grande ville et Mora qui est la petite ville.

...Et ces villes sont toujours en compétition.

Dans le cadre de mon travail hospitalier, il est des tensions énormes entre les deux villes. Les médecins de la petite ville refusent de discuter avec les médecins de la grande ville: nous n'avons pas besoin d'eux, nous sommes auto-suffisants. Lorsque l'on vit dans la petite ville l'on se dit que la grande ville n'a rien de plus que notre petite ville. Lorsque j'ai dû déménager de Mora à Falun, de la petite à la grande ville, j'ai eu le sentiment d'avoir trahi Mora. Le sentiment d'appartenance est très fort et j'ai l'impression que c'est une culture que de nourrir le désir inconscient de vouloir se sentir être le meilleur. Pour moi c'est le complexe du petit frère à l'échelle des villes. L'on refuse de voir la réalité en face, celle qui dit que le plus grand est naturellement plus grand et peut-être un peu plus expérimenté.

Et oui mêmes les villes ne se débarassent pas de leurs complexes!

Tripoli, Zahlé, Jounieh, vous vous reconnaissez?

Noël Suédois

01.01.12 | par stephanie [mail] | Catégories: OLJ, Suède, Fête, culture, Noël

Où les petits bonhommes gris et rouges ont  une place première dans la célébration de la fête. On les appelle "tomtar". Le "tomte" (au singulier) c'est disons quelque chose qui ressemble au Santa Claus. La différence c'est que les "tomtar" sont des personnages qui ont longtemps existé dans la tradition suédoise et qui possèdent des propriétés magiques. Je crois qu'ils ont une signification importante dans la société paysanne suédoise. Je peux dire que je ne les connais pas très bien encore ces "tomtar" mais j'apprends à les connaître avec le temps.

La veille de Noël lorsque nous les avons alignés le long des placards de la cuisine. BA a dit: Ces "tomtar" il n'y en a pas un qui soit plus important que l'autre, qu'ils soient moches ou beaux, anciens ou nouveaux ils seront là avec nous pour la fête.

Passé Noël j'ai demandé à BA si je pouvais aider à remettre ces "tomtar" dans leur boîte en attendant le Noël prochain. BA répondit alors: le 6 janvier c'est moi-même qui vais les refaire descendre lentement un à un de leurs positions respectives vers leur boîte. Je leur parlerai individuellement et leur demandrai de nous protéger.

Superstition? Méditation? Religiosité? Quoi qu'il en soit, j'ai trouvé cette pensée très belle. J'ai donc laissé les tomtar en place... encore quelques jours avec nous.

Ci-joint des photos qui montrent les décorations traditionelles suédoises de Noël. La beauté ici réside dans la tradition et dans la transmission des habitudes de génération en génération.

Photo 1 et 2: Le sapin de Noël décoré par des boules, des étoiles et des tomtars, la plupart faits par les membres de la famille.

Photo 3: Décorations de Noël

Photos 4,5 et 6: Les Tomtars alignés, tous différents, tous présents.

Photo 7: La table avec les mets traditionnels de la fête.

(Photos privées)

 

Joyeux Noël!

Médecins et Médicaments

23.12.11 | par stephanie [mail] | Catégories: OLJ, Liban, ordre, Médicaments, Médecin

Un jour maman m'appelle et me dit que ma téta se sentait mal, qu'elle avait du mal à respirer et que son voisin médecin l'avait conseillé d'aller chez son ami pneumologue. Un médecin renommé dans une clinique renommée. Celui-ci la tranquilise, lui dit que ce n'est rien mais lui prescrit quand même quelques médicaments "pour les nerfs". Je n'ai pas su de quoi il s'agissait pusique maman ne connaissait pas le nom des médicaments.

Une semaine plus tard maman m'appelle et me dit que téta était toujours très fatiguée et qu'elle irait voir un autre médecin (son médecin de famille). Celui-ci est complètement révolté par ce que téta avait recu comme médicaments. Il lui demande de tout arrêter. A ce moment maman me lit la liste de médicaments que téta avait recus: un anti-dépresseur, un relaxant fort et deux médicaments pour protéger l'estomac. Quoi? Téta, une femme qui n'a jamais eu de problèmes psychiatriques a été mise comme ca du tic au tac sur un traitement anti-dépresseur?! Après une rencontre de 5 minutes, sans suivi, sans rien!

Ca me révolte.

Les médicaments c'est bien si on en a besoin mais c'est dangereux d'en prendre si on n'en a pas besoin! Morale numéro 1.

Morale numéro 2: pour une même substance médicamenteuse, il existe tes tas de noms commerciaux avec des différences de prix énormes. C'est commes pour les crèmes de visages, elles sont presque toutes pareilles, l'une coûte 10 000 LL l'autre 200 000 LL. Demandez à votre médecin de vous écrire sur la "rachetta" (l'ordonnance) le nom générique cad le nom du médicament le moins cher! Ca vous rendra moins nerveux de prendre un médicament qui ne fait pas souffrir votre porte-feuille et par conséquent vous-même!

Pour finir, oui je trouve que c'est un risque que d'aller voir un médecin au Liban. Faut avoir de la chance. Surtout peut-être trouver un médecin de famille en qui on a confiance et qui fait un suivi de ses patients.

A suivre.

Le pays de l'ordre

22.12.11 | par stephanie [mail] | Catégories: OLJ, Suède, Voitures, ordre, amende

Hier j'ai pensé:

Lek si j'étais au Liban j'aurais garé ma voiture 4x4 noire au parking interdit. Le gros badge de médecin et mon nom sur un beau carton au devant de la voiture m'auraient permis d'y rester garé toute la journée. Si une pauvre âme avait osé me faire une petite remarque: "Doctora, lek ma fiké twa2ffé honé. Fiyé se3edek tsoffé essiyara ana ma yhemmek" (Docteur excusez moi mais vous ne pouvez vous garer ici. Je pourrais bien vous aider à trouver une bonne place et même garer moi-même la voiture pas de problème), je lui aurais passé mes clés pour qu'elle se débrouille pendant que moi je passerais du bon temps à une "réunion très importante".

Eh ben hier, pour moi, ce n'était pas le cas. Bien que je suis militante de l'égalité sociale, j'ai durant un millième de seconde pensé que ca me manquait qu'on s'occupe de moi, qu'on me dise de beaux mots etc. Mais peu après j'ai pensé que je voudrais qu'on s'occupe de moi non pas pour mon titre mais pour moi-même (voire par charité!). Grande différence.

Que s'est-il passé hier?

J'ai pour la deuxième fois dans ma vie pris la voiture au travail. Normalement c'est le vélo qui est mon véhicule de transport. J'ai essayé de garer ma volvo grise dans le parking des employés de l'hôpital mais il n'y avait pas de places sauf dans là où il y a une prise d'électricité pour réchauffer le moteur de la voiture (eh il fait des degrés sous le zéro ici!). Il faut une autorisation spéciale pour pouvoir se garer ici. Après avoir fait plusieurs tours autour de l'hôpital et dans le parking de l'hôpital j'ai décidé puisque le temps pressait,j'avais des patients qui m'atendaient en clinique, de me garer là où il y a ces prises d'électricité sans pour autant utiliser l'électricité. J'ai commencé à travailler en espérant que le controlleur comprendrait que je n'avais pas le temps de me garer ailleurs...

Ben non il/elle n'avait pas compris et j'ai eu l'équivalent de 45 euros de "zabet" (amende).

Et j'ai pensé (encore une fois!) que c'est le fait d'être strict et intransigent qui rend ce pays ordonné  et organisé "mrattab w mnazzam"... Parce que jamais plus je ne me garerai là où je n'ai pas autorisation de me garer.

 

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