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Même pas à l'échelle de villes...
Le grand frère c'est celui qui a eu droit à tout essayer en premier. C'est toujours lui qui est plus grand, plus fort et qui a plus d'expérience. Le petit frère c'est celui qui fait comme le grand frère, qui suit les pas de ce dernier, qui veut être aussi grand et fort que ce dernier, mais qui par la nature des choses reste le plus petit.
Ce complexe du petit frère est applicables à beaucoup de villes suédoises de facon incroyablement vraie.
Dans chaque département suédois il y a une ville "capitale" oubien ville principale, souvent la plus grande en densité de population, et une deuxième grande ville. Ca rime avec grand frère et frère cadet.
Au Sud de la Suède par example c'est Malmö la grande ville, Lund la petite ville (qui est aussi ville universitaire). A l'échelle du pays c'est Stockholm la grande ville, Göteborg la deuxième grande ville.
Dans le département de la Dalécarlie où je vis c'est Falun qui est la grande ville et Mora qui est la petite ville.
...Et ces villes sont toujours en compétition.
Dans le cadre de mon travail hospitalier, il est des tensions énormes entre les deux villes. Les médecins de la petite ville refusent de discuter avec les médecins de la grande ville: nous n'avons pas besoin d'eux, nous sommes auto-suffisants. Lorsque l'on vit dans la petite ville l'on se dit que la grande ville n'a rien de plus que notre petite ville. Lorsque j'ai dû déménager de Mora à Falun, de la petite à la grande ville, j'ai eu le sentiment d'avoir trahi Mora. Le sentiment d'appartenance est très fort et j'ai l'impression que c'est une culture que de nourrir le désir inconscient de vouloir se sentir être le meilleur. Pour moi c'est le complexe du petit frère à l'échelle des villes. L'on refuse de voir la réalité en face, celle qui dit que le plus grand est naturellement plus grand et peut-être un peu plus expérimenté.
Et oui mêmes les villes ne se débarassent pas de leurs complexes!
Tripoli, Zahlé, Jounieh, vous vous reconnaissez?