| « Sur les pas de mes ancêtres | Angoisse » |
Je suis sur la terrace de l'hôtel donnant sur le détroit du Bosphore. Les bateaux sur le Bosphore ressemblent à une flotte qui naviguent vers la ville pour l'attaquer. Le paysage devant moi fait sa voie à travers la rétine vers les sillons de mon cerveau et mon imagination me fait voyager dans l'histoire, des siècles et des millénaires avant ce jour.
Istanbul, la cité dite lien entre l'Europe et l'Asie, entre l'Orient et l'Occident.
Cette phrase-cliché, je l'ai entendue dire à propos d'autres pays et villes.
Européenne par sa propreté, son architecture urbaine, sa facon d'être accessible pour toursites, ses transports en commun bien organisés. Et par ses parcs et forêts qui entourent la ville.
Orientale de par sa culture, ses paysages, par ses rues grouillées de gens qui sentent la transpiration orientale (13 millions d'habitants d'après les guides touristiques). Par ses marchants ambulants vendant du mais grillé, des châtaignes, du poisson, des gadgets, du jus, bref vendant de tout.
Ce côté oriental me donne la nostalgie du Liban. Ca fait bizarre d'être si proche du Liban et de ne pas y être.
Il est 17 heures et le Muezzin se met à chanter en arabe le chant habituel qui a bercé mes oreilles le long des années où j'habitais encore Tayouneh. Je m'attends à ce que les gens parlent arabe ici mais ce n'est pas le cas. Je le voudrait tellement pour pouvoir discuter avec eux. L'on parle arabe dans tellement de pays du Moyen Orient et c'est si pratique pour communiquer.
Mon mari me dit qu'il trouve Istanbul plus belle, plus majestueuse et plus accessible aux Occidentaux que Beyrouth. Je sais qu'il préfère Beyrouth mais son assertion me rend un peu jalouse d'Istanbul.
Je suis jalouse d'Istanbul pour son organisation, pour ses transports en commun, pour ses innombrables touristes, pour sa laicité. J'en suis jalouse parce que les gens là bas ont une seule identité, l'identité turque et en sont fiers.
J'attends le jour où nous aurons une seule et même identité. Je voudrais expérimenter la joie de prendre le train entre Beyrouth et Jbeil en 20 minutes et me baigner dans la mer en ayant évité les embouteillages infinis de l'été. J'aimerais voir les familles beyrouthines passer leur dimanche dans la forêt, le long d'une rivière oubien dans un parc au lieu de le passer dans l'un des centres commerciaux de la ville.
Istanbul: un modèle à suivre pour Beyrouth?!